Coup de projo sur le cinéma néo-zélandais

Cinéma néo-zélandaisQuand on pense au cinéma, on aura vite fait d’aller de l’autre côté de l’Atlantique plutôt que vers le Sud Pacifique, et pourtant l’Océanie a bien plus de choses à offrir qu’on pourrait le penser !

En 1978, le gouvernement néo-zélandais ratifie le New-Zealand Film Commission Act, avec pour but d’aider au développement du cinéma local mais aussi de mettre le pied à l’étrier à ceux qui se lancent dans le 7ème art. Avec une volonté de faire un cinéma typé néo-zélandais, certains critères étaient cependant à respecter : le sujet, le financement ainsi que toute l’équipe technique devaient impérativement venir du pays !

Même si ces desiderata ont été sujets à controverse, le chemin était désormais pavé pour les futures cinéastes en devenir ! Si les débuts sont assez laborieux, ce sont les années 80 et 90 qui verront la Nouvelle Zélande s’ouvrir petit à petit au monde cinématographiquement.

La réalisatrice Jane Campion se verra ainsi auréoler de trois oscars pour son film La Leçon de Piano en 1993 tandis que Lee Tamahori dressera un portrait sans fard de la communauté Maori dans son Âme des guerriers. En parallèle un certain Peter Jackson réalisait des petits films gores sans le sou mais nous y reviendront.

Hollywood commence ainsi à faire les yeux doux à certains réalisateurs et quelque uns d’entre eux iront tenter leur chance chez l’Oncle Sam avec plus ou moins de succès. Au même moment le New-Zealand film Act devenait légèrement caduc, les financements et les acteurs étrangers venant dynamiser les productions locales. De plus en plus attiré par ce que le pays a de plus beau à offrir, ses magnifiques paysages, de nombreuses grosses productions américaines tel que Le dernier Samouraï et les Chroniques de Narnia viendront déposer leurs caméras dans ses verts pâturages. Mais c’est surtout une certaine trilogie remplie de Hobbits et d’Elfes qui viendra asseoir la Nouvelle Zélande comme membre éminent de la famille Cinéma.

C’est avec trois bouts de ficelle que Peter Jackson a fait ses débuts au cinéma. Autodidacte en puissance, il commença par réaliser Bad Taste et Les Feebles, deux œuvres furieusement caustiques et non moins réussies avant de nous délivrer Braindead, film le plus gore de l’histoire, ni plus ni moins ! Il s’assagira par la suite et en surprendra plus d’un avec Créatures Célestes, chronique revenant sur un fait divers ayant bouleversé la Nouvelle Zélande. Un vrai-faux documentaire et un premier essai hollywoodien plus tard, Jackson réalise l’œuvre de sa vie en adaptant le monument de Tolkien, Le Seigneur des Anneaux. Succès monstre au box office, la trilogie aura deux effets bénéfiques sur le pays.

L’infrastructure mit en place pour la trilogie, comme l’amélioration de sa société d’effets spéciaux Weta Digital, aura su attirer une belle pépinière de talents ainsi que des réalisateurs tels Steven Spielberg et James Cameron qui ont vu en la Nouvelle Zélande une terre leur permettant d’exprimer tout leur talent créatif loin de la pression hollywoodienne.

Mais au delà de la fierté des néo-zélandais vis à vis de leur prestigieux citoyen, ils ont surtout vu dans le succès de la trilogie un moyen de dynamiser le tourisme local. Des visites sont désormais organisées pour permettre aux fans assidus ou au touriste lambda de voir Fondcombe ou le gouffre de Helm en vrai !

Au même titre que le pays lui même, l’industrie cinématographique a pris son temps pour se faire connaître aux yeux du monde. Et quand on voit l’Eldorado que semble être devenu le pays des kiwis et les projets en développement, Hollywood n’a qu’a bien se tenir !

David VEERASAWMY