Un habillement à la mode péruvienne

Mode péruvienneComme pour contraster avec l’aridité de leur terre, les péruviens, ainsi que bon nombre d’habitants des autres pays sud américain ont adopté dans leur culture des codes vestimentaires qui interpellent immédiatement le regard. Flamboyant et foisonnant, que cachent donc ces fameux habits si typiques du pays des Incas ?

Ces derniers excellaient déjà à leur époque dans le tissage, grandement aidé par la présence non négligeable des différents animaux typiques de la région. Ils utilisaient bien sûr le lama qui peut fournir près de 3kg de laine à lui seul, mais aussi l’alpaga. La réputation de ce cousin du lama n’est plus à faire, tant la finesse de sa laine a su séduire bien au delà des frontières.

Un nom vient immédiatement à l’esprit quand on pense aux habits traditionnels : Quechua. Avant d’être utilisé à toutes les sauces dans des campagnes publicitaires, Quechua désigne avant tout un ensemble de peuplades occupant bon nombre de pays incluant le Pérou. Parlant entre autre un dialecte tout simplement nommé Quechua, ces peuplades se sont entre autre fait connaître de par leurs tenues si atypiques.

Ce sont surtout les femmes qui attirent le regard, même si les hommes ne sont évidemment pas en reste. On retrouve au travers de leurs tenues une fusion entre un style purement Inca, le anacu, et des attributs tendant plus vers l’Espagne, rappelant en quelque sorte le passif tumultueux avec les conquistadors ibériques. Mais au delà du simple apparat, les vêtements peuvent aussi servir de signe de reconnaissance entre femmes de différents villages. Ainsi, une habitante des hautes terres de Piura portera une ceinture ornée de fleurs tandis que plus au sud, à Chiclyayo, ce sera plutôt un patchwork de laine coloré.

Habillement péruvienD’autres ceintures occupent cependant une fonction moins ornementale comme par exemple le chumpi. Porté tout autant par les femmes que par les hommes, le chumpi sert autant à serrer le pantalon qu’à porter des lourdes charges lors de récoltes, mais il peut aussi revêtir une fonction plus romantique. En effet sur l’ile de Taquile du lac Titicaca, les femmes ont pour coutume de tricoter à leur futur mari un chumpi en guise de cadeau de mariage. Touchante attention !

Parmi les autres types de vêtements décelables, nous retrouvons par exemple le polleras, jupe traditionnelle qui se porte généralement en plusieurs exemplaires superposés, pouvant aller jusqu’à dix lors d’occasions spéciales.

Il existe cependant quelques objets qui pourraient à eux seuls représentés le Pérou tant ils sont immédiatement identifiables. Impossible de faire l’impasse sur le fameux poncho par exemple. Ayant fait son apparition autour du 17eme siècle, cet habit généralement porté par les hommes est d’une redoutable efficacité contre le froid et autre intempérie. Pouvant tout autant représenter un rang social qu’une identité spécifique, cet habit signature est parfois boudé en raison de son poids assez conséquent mais demeure une valeur sure de la culture péruvienne.

Bonnet péruvienAutre élément attirant notre attention, les chapeaux melons. Pas d’histoires rocambolesque derrière ces couvre chefs mais juste quelques travailleurs anglais l’ayant introduit dans le pays au début des années 20 alors que le chemin de fer s’installaient de manière concrète. Pour un objet plus couleur locale, c’est vers le fameux bonnet péruvien qu’il faut se tourner. De son vrai nom chullo, ce couvre-chef est plus qu’utile au vu des températures parfois frisquettes de ces régions montagneuses. Facilement reconnaissable avec ses deux bandes de tissus recouvrant les oreilles, cet ustensile a comme certains autres vêtements précédemment cités ses diverses déclinaisons, dépendant des régions. Il est souvent de coutume de voir les hommes tricoter le chullo de leur premier enfant, même si ce sont généralement les femmes qui s’occupent de ce fastidieux travail pouvant parfois nécessiter cinq aiguilles.

Trouvable à peu près partout dans le monde, ce petit objet en laine nous rappelle à quel point le Pérou a su garder une bonne petite part d’authenticité et de savoir faire et, contrairement à certains autres pays, il n’est pas près d’être happer par les affres de la modernité.

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David VEERASAWMY